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La répartition de l'actif à la retraite
Évidemment, quand on constitue un portefeuille, on ne veut pas passer des nuits blanches à s'en inquiéter. Mais, tout aussi important, on veut s'assurer de ne pas épuiser tout son avoir (autrement dit, son capital) avant de mourir. Dans cette perspective, on doit apprendre à s'accommoder, sa vie durant, d'un portefeuille beaucoup plus volatile que par les décennies passées. La raison ? On a aujourd'hui une espérance de vie beaucoup plus élevée que par le passé. Il y a quelques décennies à peine, on pouvait travailler jusqu'à 62 ou 63 ans, et l'espérance de vie se situait à environ 65 ans. La durée de financement de la retraite dépassait à peine trois à cinq ans. Aujourd'hui, chacun espère prendre sa retraite à 60 ans, alors que l'espérance de vie dépasse les 82 ans, femmes et hommes confondus. Notre plan de retraite doit donc s'appliquer à une période de vingt-deux à vingt-cinq ans, soit une période quatre à huit fois plus longue que par le passé. Adapter la formule à la nouvelle réalité Autrefois, plusieurs utilisaient la formule « 100 moins l'âge de l'individu » pour établir le pourcentage maximal d'actions devant être détenu par un investisseur. Par exemple, pour une personne de 60 ans, on utilisait la formule 100 – 60 (âge de l'individu). En conséquence, le portefeuille de cet individu devait contenir 40 % d'actions. Évidemment, plus la pondération en actions sera forte, plus le risque associé (autrement dit, la volatilité) sera élevé. Mais il faudra peut-être s'y résigner. En forçant un peu la note, on pourrait dire qu'on a le choix suivant : mourir de faim ou de stress. L'arrivée de la retraite ne signifie plus qu'un épargnant doive automatiquement se réfugier dans les certificats de placement garanti (CPG) ou dans les fonds du marché monétaire. Pour en arriver à ces résultats, M. Milevsky s'est basé sur des simulations Monte Carlo. La simulation Monte Carlo est un modèle qui permet d'effectuer des prédictions à partir de variables multiples. L'objectif est de créer un modèle similaire à la réalité. On utilise la simulation Monte Carlo dans des domaines aussi divers que la physique et l'économie. Cette méthode est même utilisée pour optimiser la gestion du trafic routier. M. Milevsky prend l'exemple d'une femme de 65 ans disposant d'un capital initial de 200 000 $ et désirant en tirer un revenu de 15 000 $ par année. Si elle place tout son capital dans des CPG, la probabilité qu'elle manque d'argent avant sa mort est de 71 %. Par contre, si elle décide d'investir 100 % de son capital dans des actions, cette probabilité tombe à 32 %. Pour les hommes, dont l'espérance de vie est plus courte, les probabilités sont quelque peu différentes. Ainsi, pour un homme de 65 ans engageant tout son argent dans des CPG, la probabilité d'épuiser complètement ce capital n'est plus que de 47 %. Et cette probabilité tombe à 22 % pour l'investisseur de sexe masculin qui consacre 100 % de son avoir aux actions. La probabilité d'épuiser son capital avant sa mort est donc plus faible pour les hommes que pour les femmes – un constat qui nous permet de penser que les hommes peuvent se permettre de dépenser davantage que les femmes... Même à un âge plus avancé, l'exposition aux actions demeure tout à fait légitime. Pour un homme de 75 ans, l'investissement de l'intégralité du portefeuille dans des actions entraîne une probabilité de manquer d'argent de 9 %, par rapport à 15 % pour une femme. L'accroissement du capital Milevsky conclut donc qu'il est avantageux de détenir une partie de son avoir en actions. Qu'il soit fait à l'âge de 65 ou de 75 ans, l'investissement dans les actions assure un accroissement du capital qui permettra à l'épargnant de subvenir à ses besoins durant ses vieux jours. Cette conclusion va donc à l'encontre de la croyance populaire selon laquelle les retraités ne peuvent pas se permettre de courir un risque financier et ne doivent pas, par conséquent, toucher au secteur des actions. Mais lorsqu'on souligne l'intérêt du secteur des actions pour les retraités, cela ne signifie surtout pas que ceux-ci devraient acheter des titres risqués. Les fonds de dividendes, par exemple, sont des produits qui permettent d'accroître son capital sans s'exposer à des risques trop élevés. Quant aux CPG et aux fonds du marché monétaire, on ne saurait trop le répéter : leur trop forte présence peut augmenter pour les retraités la probabilité de « mourir de faim ». En effet, le rendement de ces produits est toujours anémique quand les taux d'intérêt sont bas, comme c'est présentement le cas. Évidemment, les calculs de M. Milevsky sont basés sur des hypothèses bien précises et ne tiennent pas compte d'une multitude d'autres facteurs qu'il faut prendre en considération si l'on veut répartir adéquatement son avoir à la retraite, facteurs tels que l'impôt, la succession, les dettes et la pension. C'est à ce stade que l'apport d'un planificateur ou d'un conseiller financier peut constituer un atout important pour l'épargnant.
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