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Des mythes tenaces (Partie 2)

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Des mythes tenaces (Partie 2)


5. Les fonds ne surpassent jamais les indices

Voilà qui est faux, comme le démontrent hors de tout doute plusieurs études réalisées au fil des ans par le service de recherche d'Avantages Services Financiers.

Évidemment, il importe de comparer des pommes avec des pommes pour arriver à des conclusions exactes. Un indice est toujours investi à 100% et, bien entendu, il n'est pas handicapé par des frais de gestion. Pour leur part, les fonds doivent toujours garder une certaine partie de leur portefeuille en liquidités pour les investisseurs qui désirent racheter des unités, ce qui diminue d'autant le rendement. De plus, ils se concentrent rarement sur une seule catégorie d'actif; par exemple, un fonds d'actions canadiennes typique garde en portefeuille quelques titres étrangers.

Mais la vraie question est de savoir ce que veut réellement l'investisseur. S'agit-il uniquement de battre l'indice ou de bénéficier également d'une bonne gestion de la volatilité? Mesuré aux 65 fonds d'actions canadiennes ayant un historique de plus de 15 ans, notre indice de référence, le S&P/TSX, se classait dans le premier quartile en ce qui a trait à la volatilité, et ce, en date du 30 septembre 2009. C'est dire que plus de 75% des fonds lancés il y a 15 ans ou plus (période équivalente à un cycle économique complet), présentent un risque plus faible que cet indice. Et nous savons tous que le risque associé à un fonds est un facteur déterminant pour plusieurs investisseurs.


6. Le mieux, c'est d'investir de façon périodique

Vrai et faux : il serait plus rentable d'investir systématiquement durant les creux de marché. Mais deux phénomènes jouent contre l'investisseur à cet égard. D'une part, qu'on soit investisseur, gestionnaire ou gourou, on ne peut pas prévoir précisément la date de tels creux – à moins d'être doué de seconde vue, comme Jojo Savard. D'autre part, l'investisseur a tendance à croire qu'il pourra acheter, encore et toujours, à un prix plus bas. Il remet donc sans cesse à plus tard son achat et, en fin de compte, n'investit jamais.
Les achats périodiques permettent à l'investisseur de prendre de bonnes habitudes d'épargne. Grâce à eux, il sera moins enclin à remettre en question ses placements à chaque mouvement boursier. À ce sujet, nous avons bien vu que les investisseurs fuyaient le marché boursier au printemps de 2009, alors que nous étions dans un creux de marché et que se présentait l'occasion d'acheter des titres au rabais. En fin de compte, investir de façon périodique est la meilleure méthode de placement, faute de savoir quelle sera la meilleure journée pour investir.


7. Il vaut mieux acheter un fonds à 10 $ qu'un autre à 15$

C'est une erreur que de penser ainsi. On ne peut tout simplement pas comparer deux fonds en se basant sur le prix des parts. Si vous engagez 1 000 $ dans un fonds dont le prix des unités est de 10 $, vous obtiendrez un plus grand nombre d'unités que si vous optez pour un fonds dont les parts se vendent 15 $. Par contre, ce n'est pas une indication que le fonds à 10 $ est plus susceptible de prendre de la valeur que le fonds à 15 $ : il n'y a là aucun lien.

Certains fonds établissent un prix de départ de 5 $, et d'autres fixent ce prix à 10 $. En soi, le prix de départ n'indique jamais si on a trouvé une bonne affaire on non. Ce que l'investisseur doit analyser avant d'acheter des unités d'un fonds, c'est la valeur de l'actif versus le prix, ainsi que le potentiel du portefeuille. C'est seulement à ce moment qu'il pourra savoir si les titres se vendent à un prix réellement intéressant. Quant au prix de départ, rappelons une évidence : dix unités à 10$ ou 20 unités à 5$, c'est du pareil au même.


8. Il faut toujours acheter les fonds comportant les plus petits frais de gestion
Il n'y a aucune corrélation entre les frais de gestion et le rendement d'un fonds. C'est dire que les meilleurs fonds ne sont pas ceux dont les frais de gestion sont les plus élevés ou les moins élevés. Quand on s'intéresse à un fonds de placement, le rendement affiché est toujours « net ». Votre choix sera donc fait en fonction d'un rendement net, peu importe les frais que vous aurez payés.

Qu'importe que votre idole sportive soit payée deux, trois ou quatre millions de dollars si elle remplit bien son rôle et que son employeur est satisfait de son rendement? On peut raisonner de la même façon en ce qui a trait aux gestionnaires. Êtes-vous satisfait de leur travail? Si oui, la question est réglée; sinon, il vous faut dénicher d'autres gestionnaires, plus compétents, peu importe le salaire qu'ils touchent.

Une précision : dans le cas des fonds de marché monétaire et des fonds d'obligations, l'effet de frais de gestion élevés n'est pas négligeable. Mais comme pour n'importe quel produit financier, ce qui compte, c'est ce qu'il vous reste dans les poches...


9. Plus notre portefeuille contient de fonds, meilleure est notre répartition

C'est archi-faux! Plus vous détenez de fonds, moins l'apport de chacun des gestionnaires sera grand. À titre d'exemple, si vous détenez 30 fonds, comment un gestionnaire, pris individuellement, pourra-t-il contribuer à la croissance de votre portefeuille? Dans une telle situation, vous payez pour un service dont vous ne vous prévalez pas vraiment.

D'autre part, il faut savoir qu'un fonds d'actions contient souvent plus de 100 titres. Il n'est donc pas nécessaire d'intégrer une foule de produits à son portefeuille pour s'assurer d'une bonne diversification. Avec 20 fonds d'actions, on peut facilement détenir plus de 1 000 titres d'entreprise. Et avec un nombre aussi élevé de fonds, on obtient un portefeuille ressemblant à un indice boursier, ce qui n'est pas toujours souhaitable.

Plus vous détenez de fonds, plus il est possible qu'il y ait redondance quant aux titres détenus dans ces divers produits. Selon plusieurs études, le nombre optimal de fonds composant le portefeuille devrait se situer au-dessous de 10. Idéalement, on devrait même se contenter de cinq à sept fonds, ce qui est amplement suffisant. On devrait aussi s'assurer qu'ils ne sont pas tous semblables et qu'il existe la plus faible corrélation possible entre eux.